Cap sur le Court 2025, les fictions à l’honneur

   Le 36e festival Cap sur le Court s’est déroulé le samedi 22 novembre dernier au cinéma Le Cap, à Voreppe.

   C’est encore une très belle sélection que l’AVV et Eduk’Image nous ont offert, sur les 80 films reçus, par l’intermédiaire de la plate-forme désormais bien connue Cineastes.org.

   Le festival a commencé, comme habituellement, par la projection des films hors concours réalisés par les clubs organisateurs, dont l’inoubliable Uto’pistes, de Christian Rasquier et Bernard Ferrand, ainsi que les nouveaux films de l’équipe de Eduk’Image.

   Comme l’année dernière, je vous présente ci-dessous un petit commentaire de chaque film en concours. Malheureusement, seuls deux d’entre eux sont visible en intégralité. Pour les autres, il n’existe pour l’instant, au mieux, que des teasers sur YouTube.

   Une grande majorité de réalisateurs pensaient venir à Voreppe pour discuter avec un public nombreux, mais la neige et le froid ont eu raison, pour beaucoup, de leur motivation.

Réunion préparatoire du jury "adultes"
Réunion préparatoire du jury "jeunes"

   La thématique de la maladie d’Alzheimer n’est pas nouvelle. C’est encore une fois le traitement scénaristique et les choix du réalisateurs qui permettent d’éviter les clichés.

   Ici, le choix du format carré est intéressant, pour mettre en scène des personnages enfermés dans la répétition du même.

   Les acteurs sont convaincants dans cette comédie dramatique qui nous fait passer des rires (les plaisir enfantin du jeu et de la fiction partagé par les deux protagonistes atteints de la maladie) aux larmes (la réalité de la maladie vécue par leurs proches).

   Le personnage de la soignante responsable est un peu trop caricaturé, mais l’ensemble se regarde avec plaisir, d’autant plus que la technique est maîtrisée.

Teaser : https://www.youtube.com/watch?v=IXnW0edFrx4

   Romain Deguey revient au festival, lui qui avait été primé l’année dernière pour Fougère suspecte.

  Changement de registre pour ce deuxième film, avec toujours une prédilection pour les éclairages naturels. Le choix de la mise en scène est cette fois-ci minimaliste, avec une prépondérance de plans de deux.

   Face au personnage du petit-fils, les cut sont pour le moins surprenants. On passe ainsi de la présence du Pépy à l’urne qui représente sa mort, puis à son retour dans le personnage de la petite-fille, une fois que celle-ci a bu le fameux thé à la menthe. Amusant, mais sans plus.

François Albaranes, réalisateur du film Alice

   Nous gardons la thématique de la sénilité ou de la maladie d’Alzheimer, mais cette fois-ci, ce n’est plus le malade qui cherche à se souvenir, mais la fille de celui-ci qui désire savoir pourquoi il l’a abandonnée avec sa mère atteinte d’un cancer. De fait, cette quête de vérité génère un suspense qui ne faiblit pas, jusqu’à la révélation finale. L’émotion est au rendez-vous, avec les plans de plus en plus rapprochés sur les deux comédiens qui excellent.

   Un film d’animation violent et vulgaire, dans le style des mangas pour adultes, mettant en scène deux déesses et un homme « bulle ». Un scénario peu travaillé qui offre un ensemble très brouillon. Le seul intérêt réside dans cette thématique du mur vue du côté mexicain. Une fois le mur détruit, ces Mexicains découvrent une ville américaine sur le point d’être détruite par une bombe nucléaire. C’est peu.

Teaser : https://www.youtube.com/watch?v=r82GjqJlLzc

   La thématique de la femme non reconnue pour ses qualités n’est pas nouvelle. La protagoniste est ici une livreuse de pizza pour des mathématiciens, elle-même férue de mathématique. Rien à dire au niveau technique, mais c’est insuffisant pour nous emballer.

   Un court-métrage sur le racisme, plus spécialement sur le bourrage de crâne diffusé par les chaînes télé d’information en continu. La dénonciation est un peu trop démonstrative, le personnage du père frôlant la caricature. Quelques bonnes idées cependant : l’opposition entre le décor rose de la chambre des deux petites filles, et la couleur grise de la cuisine C’est en effet dans cette dernière que vont se jouer le conflit entre le père et la mère, puis entre le père et l’amie de leur fille, avec en toile de fond les commentaires anti immigration incessants, du style Cnews.

   Efficace mais dérangeant. Il a su à raison toucher le jury « jeunes », qui lui a attribué son prix.

Maya Vienne & Mathieu Duthilleul, réalisateurs de Couper le robinet

   Changement de registre, avec cette rencontre amoureuse entre deux belles bulles de savon sur le rebord d’une baignoire. Les second degré des dialogues, ainsi que l’utilisation de jeux de mots  amusants permet d’aborder le réchauffement climatique et la montée des eaux de manière sympathique. Un film sans prétention, réalisé avec de petits moyens, léger comme la bulle qui finit par s’envoler par la fenêtre de la salle de bain. Comme quoi, avec très peu de moyen, une bonne idée et un bon travail sur le fond, on peut arriver à créer un court métrage sympathique.
Film : https://www.facebook.com/watch/?v=887199299933171

   Un film d’animation sans dialogues, sur la rencontre de deux personnages de deux cartes postales différentes disposées sur un présentoir. Le côté naïf, et même ingénu est parfaitement assumé, de même que le noir et blanc du passé, opposé à la couleur délavée des années 70. Une finale non convenue a fini par emporter l’adhésion du public, qui lui a attribué son prix.

Film :   https://www.youtube.com/watch?v=KU8krUbGWoA

   Le personnage du tueur est rapidement mis en place dans une première partie, correspondant à un premier « contrat ». Le choix de ce tueur se déplaçant sur un vélo dans des paysages désolés est saisissant. Cela m’a fait penser à certaines scènes du film Requiem(s), avec François Berléand, de Stephan Guérin-Tillié, Pearl, de Ti West, ou plus simplement Léon, de Luc Besson.

   La deuxième partie, correspondant au deuxième contrat du tueur à gages nous fait entrer dans la préparation d’une fête d’anniversaire et la parodie. La confrontation finale entre le tueur et sa cible reprend celle des westerns de Sergio Leone.    Il a reçu le grand prix du jury.

   Encore un film réjouissant dans cet entretien d’embauche original qui parodie les films Marvel. On avait apprécié l’année dernière « Debrief de la nuit », du même réalisateur. Au-delà des « pouvoirs » énumérés de façon humoristique, la thématique abordée est bien celle de la confiance en soi, et plus largement, de la place dans la société que tout un chacun doit pouvoir trouver.

Film : https://www.youtube.com/watch?v=7K0oz6jpC4M&list=PLM363yujMstgqf0WS2ZPmuq-64pMUp5r7

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Cet article a 2 commentaires

  1. SCHREINER

    Bonjour et bonne année,
    Pouvez me renseigner sur les démarches à suivre pour faire participer notre court métrage Yvan à votre prochain festival 2026 de Voreppe.
    Cordialement.
    Laurent

    1. Eric Chamboredon

      Bonjour Laurent, le prochain festival se déroulera en novembre 2026. Le lancement du concours se fait par l’intermédiaire d Cineaste.org. Cette année 2025, par exemple, 80 films ont été reçus. Le jury du festival en a sélectionné 10 qui ont concouru.
      Pour plus d’informations, voici le site du festival : http://rvideovoreppe.free.fr + mail capsurlecourt@free.fr
      Je vous souhaite le meilleur pour votre court métrage Yvan
      Éric Chamboredon

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