Discours du président du jury Ciné-en-Courts 2026

     Frédéric Martin est scénariste, auteur et réalisateur pour la télévision depuis 30 ans, devenu spécialiste du docu-fiction prime time France 2 depuis 2007.
     Après avoir débuté au JT de TF1 (1994-2001), il devient grand reporter pour C dans l’air (France 5) avant de se tourner vers le docu-fiction en 2005. Réalisateur pour Secrets d’actualité (M6), il signe plusieurs films d’investigation (Tom Cruise, l’autre visage, L’empoisonnement de Viktor Ioutchenko, Zidane coup de tête).
     En 2007, il crée avec Laurent Delahousse la collection biopic Un jour, un destin sur France 2, puis en 2014, il pilote sa version prime-time (Un jour, une histoire), réalisant une vingtaine de films dont Chaplin : la légende du siècle, primé à la Mostra de São Paulo. Il signe aussi Ben Laden : aux origines du Jihad, Le mystère Poutine, Simone Veil, l’instinct de vie, The Queen, Les secrets du Vatican et GAFAM : les nouveaux maîtres du monde.
     En parallèle, il réalise Michael Jackson, l’histoire et la légende (TF1, 2010), crée Histoires en Série (France 2, 2012), puis occupe plusieurs postes de direction dans des productions pour chaînes nationales et plateformes. En 2020, il revient à l’écriture et à la réalisation avec Ma vie rurale (France 3), suivi en 2022 de Ambre coiffure, le salon voyageur (France 5). En 2023- 2024, il est showrunner de la série docu-fiction historique Notre histoire de France, incarnée par Tomer Sisley puis Sonia Rolland et NUEdiffusée en prime time sur France 2 avec un grand succès.

    « La première chose que j’ai envie de vous dire, c’est bravo. Bravo pour la passion, le travail, la curiosité, l’inventivité, l’engagement dans vos films. Peu importe le genre, la durée, votre niveau technique ou la qualité de votre matériel. Ce qui compte le plus, c’est d’avoir réussi à raconter des histoires en 3 dimensions avec des mots, des images et du son, et d’avoir eu le courage de nous les partager.

     Pour ma part, j’ai été emporté par de belles histoires. J’ai appris un tas de choses, j’ai eu des émotions, j’ai découvert des personnages incroyables, j’ai voyagé.

    Pour reprendre les mots d’Aure Atika, la marraine de cette édition que nous avons eue en ouverture du festival, vous les cinéastes, les reporters ou les documentaristes amateurs, vous avez cette chance de faire les films que vous voulez, avec une liberté totale. J’ajouterai, avec le privilège immense de les voir projetés sur un grand écran, devant une salle pleine et enthousiaste, et je peux vous dire que beaucoup de professionnels vous envient pour ça. (…)

     J’aimerais juste dire un petit mot sur l’utilisation de l’Intelligence Artificielle. Je vais être sincère, je ne m’attendais pas à en voir autant dans le cinéma amateur. Il y en a dans le milieu professionnel, mais je ne m’attendais pas que ce soit aussi développé chez vous. Je le comprends, car c’est un outil que j’utilise moi-même, à titre professionnel et personnel. C’est un outil de création extraordinaire, et on peut vite être tenté de lui confier beaucoup de choses l’écriture du script, la voix off, la génération des images, la musique, voire le montage. 

     Attention, beaucoup d’entre vous ont l’impression que ça sonne « plus professionnel », avec l’IA, mais je pense que c’est une grosse erreur. D’abord parce que si vous lui confiez tout, ce n’est plus vraiment votre film. Et surtout, vos créations vont perdre toute leur personnalité. C’est justement ce qui fait l’intérêt de vos films : leurs petites imperfections, ces astuces de réalisation « système D », cette créativité imposée par le manque de moyens. C’est ça qui donne à vos films une saveur artisanale, singulière et tellement humaine. Ne perdez pas ça, c’est l’essentiel.

     Je voudrais remercier enfin mes partenaires du jury. Nos échanges durant ces trois jours ont été intenses et passionnants, et le palmarès qui en résulte correspond bien, je pense à la synthèse de nos sensibilités et de nos expériences. Certains d’entre vous seront peut-être surpris, d’autres déçus, mais c’est le jeu. Si tout le monde repartait avec un prix, ces prix n’auraient plus beaucoup de valeur. Nous avons dû faire des choix, pas toujours faciles, mais nous les avons faits avec sincérité. Nous avons traité chacun de vos films avec la même attention et le même respect, et nous avons toujours privilégié l’authenticité à la technicité. »

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