Dominique Cauquy

Crédit Photo : Stéphane Coltice

Hommage de Norbert Flaujac

Très cher Dominique,

 

Depuis ton départ, mercredi, les témoignages ne cessent de nous parvenir de l’ensemble de notre

grande famille du cinéma amateur : De Paris, de Lille à Toulouse, de Nantes à Mulhouse. Tous sont

unanimes pour dire que ton talent, ton expertise et ton amitié nous manqueront cruellement.

Christian, ton fidèle lieutenant, aime à raconter ton arrivée au Caméra Club Bressan. Ils avaient vu

débarquer un jeune garçon, avec sous le bras la bobine d’un film musical (la musique occupera une

place primordiale dans toutes tes réalisations). Film qui en avait, déjà à l’époque, « bousculé » certains.

Ton amour pour l’image, née de l’exemple de ton papa, premier artisan de la réussite du Studio

HERWEY, t’amènera à effectuer ton service militaire au sein du département audiovisuel des armées.

A ton retour, tu présenteras ta première fiction, « Rencontre », au concours régional d’Aix les Bains,

où tu n’obtiendras aucune distinction. Mais là, tu avais compris que le cinéma, c’était autre chose. Et

dès l’année suivante, tu reviendras avec ton film « l’affiche », première réalisation aboutie inaugurant

une longue et brillante carrière, pendant laquelle tu obtiendras les plus hautes récompenses

nationales et internationales.

Tu avais su fédérer une équipe fidèle autour de toi ; certains n’hésitant pas à poser une semaine de

congés pour participer à tes tournages. Trois mots suffisaient à te transcender : Silence, Moteur,

Action. Dès cet instant, ta concentration était totale et malheur à celui qui rentrait dans le champ de

la caméra (j’en suis un…).

A chaque tournage, vous réalisiez des prouesses techniques pour nous sortir des plans d’anthologie

que tu avais imaginé :

- Lancer une caméra du haut d’une tour du Boulevard Saint Nicolas, au bout d’un câble et faire

défiler une fanfare, par moins vingt degrés dans la neige, au grand étonnement des skieurs de

fond, pour le tournage d’« une autre façon d’aimer ».

- Réaliser un travelling au-dessus des voies, en gare de Bourg, pour « Petit Pierre ».

- Précipiter une Citroën DS du haut d’une falaise, dans la vallée de l’Ain, pour « François le

voyou ». Ce qui te vaudra quelques démêlés avec les gendarmes locaux.

L’Ain, que tu aimais tant et que tu as si bien mis en valeur par tes images, notamment aériennes,

réalisées grâce à ton autre passion : l’avion et l’hélico. Je revois encore ce magnifique travelling avant,

où les deux amants se rejoignent au milieu du pont de Serrières, dans « La belle histoire d’amour ».

Plus récemment, tu nous avais présenté ton dernier documentaire, mettant en lumière le poète

Charles JULIET et, par des images de drone, la Chapelle de Saint-Maurice-d’Echazeaux.

Avec toi, chaque tournage, chaque réunion, se terminaient dans la convivialité, de par l’immense

générosité qui t’a toujours caractérisé.

Tu auras été l’un des plus grands, sinon le plus grand réalisateur de notre fédération. Et je reste

persuadé que tu es passé juste à côté d’une encore plus grande carrière professionnelle. Edouard

MOLINARO n’était-il pas issu de l’un de nos clubs amateurs ?

 

Dominique, au nom de tous tes amis de la Fédération Française Cinéma Vidéo, nous t’assurons, ainsi

qu’à tous les tiens, de notre profonde amitié.

Alors Doumé, adieu, ou plutôt au revoir ; car je suis sûr que là-haut, avec Jean-Pierre et Gilou, vous allez nous superviser les réunions du CCB.

Hommage de Christian Picton

Dominique CAUQUY nous a quitté.

Voici quelques souvenirs de Dominique.

Je t'ai connu il y a plus de 50 ans. Avant son départ à l'armée, il est venu au club et déjà il nous proposa un film musical sur le thème des 4 saisons de Vivaldi (ce qui avait à l'époque bousculé certains.)

Après son service, il est revenu au club. Lors d'un concours interne sur le thème "RENCONTRES" il fît un film que nous avions sélectionné pour le concours régional d'Aix les Bains. Dominique n’obtint aucune récompense, mais comprit que le cinéma c'était autre chose. L’année suivante, il présentait "L’AFFICHE" son premier film et premier prix, qui fut le début d'une longue et brillante "carrière" dans ce domaine d'amateur de scenarii sur fonds musicaux.

Pendant plusieurs années, couronné par de nombreuses distinctions régionales, nationales et même internationales, il fût le meilleur cinéaste amateur de FRANCE.

Hormis ses succès pour nous, membres du CCB, il fût longtemps notre

locomotive que les wagons avaient du mal à suivre...

Généreux, toujours avec de nouvelles idées et avec un esprit de rassembleur, il nous entraînait dans de nouvelles aventures. Son grand coeur, sa disponibilité, sa passion, voilà quelques qualités de notre Ami disparu trop vite et trop tôt.

A son épouse Isabelle, à ses enfants, à sa famille nous assurons toute notre sympathie et leur adressons nos affectueuses pensées.



Commentaires: 0